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Laure, une âme paysanne​

Depuis toujours, je suis fascinée par les propriétés extraordinaires des plantes, le foisonnement et la diversité du monde végétal.
J’ai donc choisi d’étudier l’agronomie et de me spécialiser dans les plantes aromatiques et médicinales.

C’est au Maroc, au cours d’une mission de recherche que j’ai découvert le monde envoûtant de la distillation et des huiles essentielles. Mon esprit curieux a dirigé mes pas vers l’Ile de la Réunion, l’Australie, le Viet Nam… à la recherche de nouvelles essences et pratiques. Riche de ces découvertes et de mes expériences de technicienne agricole, je projette de créer ma propre ferme. 

3 ans plus tard, après moult formations, la ferme est créée, je suis paysanne !

Photo de Laure à la cueillette

Bien plus qu’un métier, il s’agit d’un projet de vie ancré dans la nature, en phase avec les rythmes saisonniers. J’explore d’autres facettes du monde végétal tout en étant actrice d’un système paysan en harmonie avec la nature.

Les cultures​

Installée depuis 2019 à Venasque, la ferme bénéficie d’un cadre idyllique avec vue sur les dentelles de Montmirail et notre géant protecteur, le Mont Ventoux.

Ce sont plus de 10 espèces de plantes aromatiques que je cultive sur presque un hectare en m’inspirant des principes d’agroécologie, d’agriculture énergétique et de biodynamie. Je cherche à m’intégrer au mieux dans l’écosystème, en suivant les rythmes naturels.
Je favorise le développement de la vie dans le sol en limitant la mécanisation. Je garde des zones boisées, des zones en friches pour conserver la biodiversité végétale comme animale. Il n’est pas rare de croiser des renards, chevreuils, sangliers, serpents et autres habitants…

Vue panoramique du champs de la distillerie

Je n’utilise que des préparations naturelles faites par mes soins pour aider à la défense des cultures et seulement si besoin, par exemple une macération d’ail contre les champignons des rosiers, un purin de prêle pour la fortification…

Chaque espèce végétale est cultivée selon ses besoins et caractéristiques. Les terrasses qui composent le terrain, présentent différents ensoleillements, humidité, expositions. Cela me permet d’implanter les cultures au mieux dans un écosystème qui n’est pas forcément le leur. J’interviens très peu pour que la plante s’adapte. C’est ainsi qu’elle pourra s’épanouir et me donner le meilleur d’elle-même.

J’arrose peu, juste ce qu’il faut pour les faire grandir tout en les laissant se renforcer. Les molécules aromatiques tant attendues seront alors plus concentrées. C’est un équilibre délicat…

Cueillettes et récoltes

Photo de Laure à la cueillette

Ici, les plantes sont les maîtres d’œuvre. Ce sont elles qui me guident et m’indiquent le moment idéal pour les couper. C’est un ressenti la plupart du temps, en goûtant, en sentant, en voyant. Je me sers beaucoup de mes sens et un peu de la science 😉

Certaines espèces poussent naturellement dans la région, et leurs qualités organoleptiques sont supérieures à celles cultivées.
Quel plaisir de les cueillir, seule, libre dans la montagne sauvage ! La cueillette sauvage est bien sûr réglementée pour la préservation du patrimoine naturel.

Que ce soit en cueillette ou sur les terres, je récolte mes plantes manuellement avec beaucoup d’amour, pour garder au maximum l’authenticité de son essence et pour une meilleure pérennité. Pour cela j’utilise une serpette ou une faucille, selon des gestes ancestraux que j’ai appris au contact de cueilleurs qui ont su les conserver.

Ces gestes respectent la plante et son environnement : la hauteur de coupe est maîtrisée et la cicatrisation plus douce.

Les récoltes sont placées dans des « bourras », ce sont simplement des draps en coton noués de façon à pouvoir les transporter dans la montagne sur le dos. En plus d’être ergonomique, le coton empêche l’échauffement de la plante car il laisse respirer. La non altération des végétaux fraîchement coupés est très importante pour préserver toutes leurs qualités organoleptiques.

Distillation

Avec mon fidèle compagnon l’alambic, nous partons à la recherche de la pierre philosophale, du St Graal organoleptique, de l’essence la plus pure… de l’âme de la plante en soi !

Pour moi il s’agit d’un moment magique, qui éveille les sens.

J’obtiens les huiles essentielles et hydrolats par distillation lente traditionnelle, à la vapeur d’eau, dans un alambic inox.
Leur composition initiale est ainsi conservée et les propriétés garanties.

Les récoltes sont placées dans la cuve de l’alambic séparées de l’eau par une grille. En chauffant, l’eau devient vapeur et emporte avec elle les petites molécules qui composent l’essence artisanale de la plante.

Le mélange formé est refroidi dans un serpentin trempé dans de l’eau froide. On obtient ainsi un distillat, formé de l’eau et de l’essence de la plante. Les petites gouttelettes d’huile essentielle en suspension dans l’eau remontent en surface et s’agglutinent pour former une jolie flaque. C’est la décantation qui permet de séparer l’huile essentielle en surface de l’hydrolat en profondeur.

Pour obtenir un l’hydrolat concentré et garantir une qualité je ne prends que les premières eaux sorties. Je me base pour cela sur le cahier des charges du syndicat des simples : 1l d’hydrolat pour 1kg de plantes.

Alambic de la distillerie Eclaure